Hier, les étudiantes et étudiants ont regardé le discours du Trône en espérant qu’ils ne seraient pas laissés pour compte. Dans la soirée, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré la réponse de son gouvernement à la pandémie, et deux fois en une journée, les étudiantes et étudiants ont été exclus de tout plan sérieux pour relancer l’économie. Bien que le gouvernement ait annoncé un renforcement de la Stratégie emploi et compétences jeunesse, le mot « étudiant » n’a pas été mentionné une seule fois dans le discours du Trône, ni dans l’allocution du premier ministre à la nation. 

En regardant hier, les étudiantes et étudiants se demandaient quelle direction le gouvernement allait prendre. 

Les étudiantes et étudiants sont prêts pour un changement, et nous savons qu’il n’est pas possible de revenir au statu quo. Ils ne sont pas uniquement des sujets dans une salle de cours. Ils sont aussi des parents et des travailleurs, et ils ont des identités multiples et complexes qui nécessitent également un soutien. Les étudiantes et étudiants noirs, autochtones et de couleur font face à tout un éventail de défis en dehors des murs de la salle de cours, et ils ont aussi besoin d’aide. 

Le gouvernement a fait des promesses audacieuses pour faire avancer d’importants programmes sociaux tels que la garde d’enfants et l’assurance médicaments nationale. En plus d’annoncer un soutien aux entrepreneurs noirs, le gouvernement s’est engagé à présenter une loi pour mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones d’ici la fin de 2020. Les étudiantes et étudiants de tout le pays se sont battus pour ces changements, que ce soit en se mobilisant, en signant des pétitions, en partageant des témoignages personnels ou en utilisant les médias sociaux. L’approche en quatre volets du gouvernement consiste notamment à reconstruire en mieux. Afin de mieux reconstruire, le gouvernement ne doit pas oublier les étudiantes et étudiants de niveau postsecondaire. 

Le discours du Trône comprenait un plan visant à créer plus d’un million d’emplois et à offrir une formation immédiate pour permettre aux travailleuses et travailleurs d’acquérir rapidement des compétences. Cela nécessite d’importants investissements dans l’éducation postsecondaire afin de garantir que chaque travailleuse ou travailleur qui souhaite acquérir plus de compétences puisse poursuivre ses études sans s’endetter ni payer des frais de scolarité élevés. Les étudiantes et étudiants ont souvent répété que l’éducation postsecondaire entièrement financée par les fonds publics ouvrirait la voie à la reprise de la crise actuelle et qu’il est temps que le gouvernement fédéral joigne le geste à la parole et fasse passer les gens avant les profits.  La population étudiante continuera d’exiger les changements concrets nécessaires à assurer une reprise juste, notamment l’éducation pour toutes et pour tous, la lutte contre le racisme systémique et la prise en compte des défis imminents de la crise climatique

La Fédération demeure engagée à pousser le gouvernement à mettre en œuvre un investissement à long terme dans l’éducation postsecondaire d’une manière équitable, responsable et accessible à toutes et à tous.