Il y a près de six mois, le 16 juin, le gouvernement du Québec a adopté le projet de loi no 21, qui interdit formellement aux employées et employés de l’État, comme les enseignantes et enseignants, les professionnelles et professionnels de la santé et les juges, de porter des symboles religieux en public, incluant sans s’y limiter : le hijab, le turban, le kippa ou le crucifix. Cette loi s’ajoute à la loi existante qui oblige les gens à dévoiler leur visage lorsqu’ils utilisent des services publics.

Cette action du gouvernement du Québec contre la liberté de religion s’attaque de façon disproportionnée aux communautés racialisées et immigrantes, puisque cette interdiction entrave l’accès à l’éducation ainsi qu’à l’éducation publique. Dans les établissements postsecondaires, les étudiantes, les étudiants, les professeures, les professeurs et le personnel qui sont visiblement religieux se retrouvent dans une situation précaire, puisqu’ils sont à risque accru de subir de la violence, de devoir poursuivre leurs aspirations universitaires ailleurs ou de perdre leur mobilité professionnelle; ces deux derniers constituent des droits accordés au reste de la population dans la province. Il s’agit d’un précédent dangereux qui encourage la haine et élimine la liberté d’expression et l’inclusivité.

L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et Ichrak Nourel Hak ont intenté une poursuite contre le gouvernement au motif que cette nouvelle loi est inconstitutionnelle. Hier, la Cour d’appel du Québec a refusé de suspendre l’interdiction de porter des symboles religieux jusqu’à ce que la contestation en droit constitutionnel soit entendue en Cour supérieure du Québec. Ils ont reconnu, cependant, que la mise en place de cette interdiction causerait des préjudices irréparables à celles et ceux qui sont touchés par cette loi.

L’ACLC, le CNMC et Ichrak Nourel Hak continuent leur lutte légale pour renverser le projet de loi no 21 afin de protéger les droits de celles et ceux touchés par l’interdiction, notamment les communautés sikh, musulmane et juive. La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants appuie leurs efforts continus de lutter contre les attaques xénophobes, islamophobes, antisémites, racistes et sexistes du gouvernement du Québec.

Cette interdiction ne s’agit que d’un exemple de l’oppression institutionnalisée à laquelle sont confrontées les minorités religieuses visibles et nous rappelle les diverses façons dont elle continue d’être perpétrée dans notre pays.  Les gouvernements sont élus par le peuple, et il est crucial de faire une réflexion critique sur les conséquences réelles des lois comme celle-ci. Nous avons la responsabilité d’agir pour empêcher les gouvernements de cibler et de nuire à toute communauté, ainsi que de responsabiliser les gouvernements quant à leur devoir de représenter toute la population au Québec. La Fédération est engagée à se mobiliser contre le racisme sur nos campus et hors des campus et encourage toute organisation à accroître son appui à la contestation constitutionnelle mentionnée ci-haut jusqu’à ce que toute personne puisse vivre en sécurité.

Pour plus d’informations sur la contestation judiciaire et les façons d’appuyer l’ACLC, le CNMC et Ichrak Nourel Hak, suivez le lien ci-dessous :

https://ccla.org/featured/bill-21-updates/

En Solidarité,

Fédération canadienne des étudiantes et étudiants