Le 5 novembre 2020, l’organisation étudiante Ryerson Conservatives de l’Université Ryerson de Toronto a publié dans sa page Facebook une vidéo du chef conservateur, Erin O’Toole, qui s’adresse au groupe et défend Egerton Ryerson en justifiant le maintien du nom de l’Université « Ryerson ». Dans son discours aux étudiantes et étudiants, O’Toole défend le rôle de Ryerson dans le système des pensionnats et détourne les torts causés par les pensionnats vers le Parti libéral et Pierre Elliott Trudeau. Il poursuit en disant que ce sont les conservateurs qui ont mis fin au système des pensionnats et qui ont présenté des excuses pour les actes commis par le système envers les Premiers Peuples de ces terres. O’Toole a ensuite déclaré que les conservateurs ont un « meilleur bilan » en ce qui concerne les pensionnats et leur histoire et conclut en disant que le système a été mis en place « pour essayer de fournir une éducation ».

Le discours d’Erin O’Toole implique que les acteurs gouvernementaux (tant libéraux que conservateurs) au sein de l’État canadien définissent fournir une éducation comme quelque chose qui inclut la torture politique à l’endroit des enfants par des actes de violence sexuelle, psychologique, physique, spirituelle et culturelle – voire la mort. O’Toole affirme que même après 100 ans d’existence du système des pensionnats, ils savaient que celui-ci ne fonctionnait pas, mais ils l’ont maintenu afin de poursuivre l’assimilation et le génocide culturel des Premiers Peuples de ces terres. Rien n’est nouveau dans le discours d’O’Toole en ce qui concerne les tentatives continues de justifier tous les mauvais traitements infligés aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis dans un contexte national et leur tentative de faire croire qu’ils ne sont « pas si mauvais ».

Ce genre de justification doit cesser.  Les pensionnats n’étaient PAS un lieu d’éducation, mais plutôt un lieu où nos peuples y ont vécu le plus terrible des cauchemars, chaque instant de leur présence. Un cauchemar dont nous essayons toujours de guérir et que nous tentons de surmonter. Un cauchemar qui continue de nous hanter aujourd’hui et qui continuera de hanter nos précieuses générations futures.  Tenter de justifier notre passé horrible, les expériences actuelles et la violence continue qui est commise à notre égard chaque jour au sein de cette nation gouvernante ne fait pas disparaître les torts commis. Il reste toujours plusieurs personnes dans ce pays qui se souviennent d’avoir marché dans les couloirs des institutions qui leur ont tant volé et leur ont donné en retour une immense souffrance sans fin. Pensez-vous qu’elles se soucient de savoir si c’était les « libéraux » ou les « conservateurs »? Finalement, le système des pensionnats a été créé et maintenu par le gouvernement canadien et par tous ceux qui y ont participé. 

Le Cercle est déçu par le gouvernement de cette nation. Imaginez que cinq ans après la publication du rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation, les organes politiques, voire un chef de parti, continuent de justifier le système des pensionnats par cette notion tordue selon laquelle il s’agissait d’un système destiné à « fournir une éducation ». En plus d’utiliser l’importance du chandail orange pour déclarer que vous « reconnaissez » la violence historique et continue commise à notre égard par vos propres institutions gouvernementales.

Présidente du Cercle des étudiantes et étudiants des Premières Nations, métis et inuits,

Aliqa Illauq