avril 6, 2017

« Ne perdez pas de temps dans le deuil, organisez-vous! »

Peyton Veitch, Trésorier national

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Du 31 mars au 3 avril, j’ai eu l’occasion de participer au Sommet national du pouvoir des étudiantes et étudiants organisé par la United States Students’ Association (USSA) à Washington D.C.. Le sommet a réuni près de 200 étudiantes et étudiants provenant de partout aux États-Unis afin d’améliorer leurs capacités d’organisatrices et d’organisateurs populaires, de participer au développement des campagnes et de faire pression sur les membres du Congrès durant la dernière journée.

 

Ce fut la première fois depuis l’inauguration de Donald Trump que le mouvement étudiant américain s’est rassemblé. Malgré les défis gigantesques que la période politique actuelle pose pour les mouvements progressifs au sud de la frontière, personne n’était au désespoir. On a répété maintes fois au cours de l’assemblée que la meilleure façon de vaincre le programme politique de Trump et de défendre les communautés qu’il cible est de s’organiser.

 

Un ancien directeur des affaires législatives de la USSA a dit que les deux seules forces qui existent dans le monde pour entraîner le changement sont les gens organisés et l’argent organisé. Dans le pays le plus riche au monde, les activistes étudiants nagent à contre-courant pour combattre les pouvoirs établis politiques, économiques et du postsecondaire qui ont tellement d’argent qu’ils ne pourront jamais tout le dépenser.

 

Mais, étonnamment, les gens organisés gagnent des victoires importantes contre l’argent organisé. Grâce au mouvement étudiant, les étudiantes et étudiants sans papier de partout en Amérique paieront les frais de scolarité de l’État plutôt que de payer un tarif plus élevé habituellement réservé aux non-résidents de l’État. L’année dernière, les étudiantes et étudiants de l’Université du Massachusetts ont gagné le désinvestissement des combustibles fossiles. Des sections locales de Books not Bombs (oui aux livres, non aux bombes) ont fait pression sur plusieurs campus qui offrent maintenant des bourses à de jeunes réfugiées et réfugiés syriens afin qu’ils puissent étudier aux États-Unis.

 

Ces accomplissements se renforcent les uns les autres parce que ce sont ces victoires qui mènent les mouvements à grandir et les étudiantes et étudiants à prendre conscience de leur propre pouvoir. Exercer ce pouvoir et se mobiliser contre les compressions proposées par Trump aux bourses Pell fondées sur le besoin et aux programmes travail-études est l’une des priorités principales de la USSA, puisque ces programmes permettent à des milliers d’étudiantes et d’étudiants, majoritairement racialisés ou à faible revenu, de poursuivre des études postsecondaires. Un bon nombre de ces étudiantes et étudiants ont partagé leur histoire personnelle sur comment ces programmes leurs ont permis de poursuivre leurs études après l’école secondaire avec des membres du Congrès.

 

Le 3 avril, nous avons assisté à un point de presse durant lequel le sénateur Bernie Sanders et la sénatrice Elizabeth Warren se sont joints à plusieurs représentantes et représentants progressistes pour introduire le « College for All Act » (la loi pour le collège pour toutes et tous). S’il est adopté, le projet de loi éliminera les frais de scolarité des collèges publics pour 80 pour cent des américaines et américains. L’introduction de ce projet de loi témoigne du travail que la USSA a fait pour hausser l’appui pour la gratuité scolaire, ce qui a contribué à l’annonce du gouverneur de l’État de New York qu’il compte éliminer les frais de scolarité des collèges et universités de l’état.

 

Le grand abolitionniste américain Frederick Douglass a déclaré : « Le pouvoir ne concède rien qui ne soit exigé. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. » Cette attitude fut reflétée dans la grande culture de mobilisation que j’ai ressentie lors du sommet. Que ce soit faire campagne pour obtenir des salaires de subsistance ou le désinvestissement des combustibles fossiles, contrer les hausses des frais de scolarité ou le racisme anti-noir, ou arrêter les déportations, les étudiantes et étudiants activistes américains transforment les relations de pouvoir sur et hors de leurs campus.

 

Leur persévérance et leur succès devraient nous inspirer à redoubler nos efforts pour obtenir la justice sociale, économique, raciale et environnementale ici au Canada. Ce que j’ai perçu au cours de la fin semaine était un exemple de mobilisation étudiante à son meilleur : des communautés diverses qui s’appuient les unes les autres, une insistance continuelle de réaliser des changements concrets pour améliorer la vie des gens, une détermination de se concentrer sur les enjeux plutôt que les personnalités, et une confiance inébranlable dans leur capacité de gagner. Utilisons leur exemple pour nous inspirer alors que nous continuons de bâtir un mouvement qui a le pouvoir de transformer notre système d’éducation et notre pays.