juin 21, 2017

Les étudiant-e-s soulignent la Journée nationale des Autochtones

Pendant que le reste du pays célèbre Canada 150, la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants honore les communautés des Premières nations, métisses et inuites qui défient la colonisation continue de leur terre, leur eau et leur culture. Nous célébrons les étudiantes et étudiants autochtones qui luttent pour la justice sociale, économique et environnementale sur leur campus et dans leur communauté. Ces leaders puissantes et puissants continuent de faciliter et de renforcer le travail du mouvement étudiant. En cette Journée nationale des Autochtones, la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants réaffirme son engagement envers les voix et les expériences autochtones qui sont ancrées dans le mouvement étudiant.

Pendant que nous célébrons ces communautés aujourd’hui, nous reconnaissons aussi les répercussions de la colonisation continue sur les nations autochtones de l’Île de la Tortue. Les répercussions intergénérationnelles de la violence coloniale du passé sont aggravées par les efforts continus d’ignorer les droits des peuples autochtones sous le prétexte du capitalisme et du développement économique. Nous demandons à nos 650 000 membres d’un océan à l’autre d’agir et d’ajouter votre voix aux milliers de voix qui défient les nouveaux efforts coloniaux qui ont pour but d’effacer les voix et les expériences des peuples des Premières nations, métis et inuits.

Voici quelques façons dont vous et votre association étudiante pouvez appuyer les étudiantes et étudiants autochtones sur votre campus :

  1. Reconnaissez les terres volées.

Bon nombre de nos campus partout au pays sont situés sur le territoire traditionnel des peuples autochtones.

  • Faites une recherche dans votre communauté et faites preuve de respect et de reconnaissance envers les propriétaires légitimes de la terre. Cet excellent guide pour découvrir si votre campus est établi sur le territoire d’une nation autochtone fut créé par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université et est disponible ici.
  • Si votre campus est situé sur le territoire traditionnel d’un peuple autochtone, reconnaissez-le oralement et par écrit. Par exemple, au début de toute réunion ou activité, faites une déclaration pour reconnaître la nation qui possède le territoire qui a été colonisé.
  • Prenez le temps de vous informer et d’informer ceux et celles autour de vous sur l’histoire du territoire et de son peuple. Pensez aux façons particulières dont la violence coloniale a affecté cette nation et apprenez comment notre existence moderne continue d’effacer les expériences autochtones.
  • Incluez une représentation autochtone dans vos initiatives et assurez-vous que toutes les formes de travail que les membres autochtones de la communauté assument sont reconnues et rémunérées.
  1. Joignez-vous à notre demande pour un système d’éducation postsecondaire universel.

Tandis que nous étions ravis de constater que 90 millions de dollars en nouveaux fonds furent alloués sur deux ans au Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire dans le budget fédéral de 2017, cette promesse est toujours inférieure à la promesse électorale de 50 millions de dollars par année et n’aborde pas les critères d’éligibilité qui excluent les étudiantes et étudiants des Premières nations et métis non inscrits.

  • Joignez-vous à la Fédération pour demander au gouvernement fédéral de respecter ses obligations issues de traités et s’assurer que toutes les apprenantes et tous les apprenants autochtones peuvent poursuivre des études postsecondaires sans frais.

Nous devons continuer à défier le rôle que les universités occidentales ont joué dans le colonialisme.

  • Les étudiantes et étudiants à l’Université Lakehead (section locale 32) et l’Université de Winnipeg (section locale 8) sont à l’avant-plan du travail de décolonisation et d’autochtonisation de leur campus. Suivez leurs exemples et amorcez le travail menant à la mise en oeuvre d’un cours à unité autochtone obligatoire sur votre campus. Pour vous aider à faire ce travail, la Fédération a développé un guide que vous pouvez trouver ici.
  1. Soyez solidaire des protectrices et protecteurs de la terre et de l’eau.

Au cours de la dernière année, les communautés autochtones et leurs alliés ont posé des gestes directs pour défier les actions colonisatrices des grandes entreprises et du gouvernement sur la terre autochtone d’un bout à l’autre de l’Île de la Tortue, notamment à Standing Rock et à Muskrat Falls. Aujourd’hui les protectrices et protecteurs de la terre et de l’eau continuent de lutter pour protéger leurs droits et la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants est solidaire de ces activistes.

  • Les protectrices et protecteurs de l’eau font face à des conditions climatiques extrêmes quand ils manifestent et ont souvent besoin de soutien concret. Proposez une motion auprès de votre association étudiante pour faire une contribution financière à ces mouvements. Quand il n’est pas possible de faire une contribution financière, les contributions non financières que l’organisation peut offrir sont aussi très appréciées : contribuer à la mise en place ou au nettoyage d’une action directe, mener des discussions ou faire de la sensibilisation.
  • La solidarité peut ressembler à plusieurs choses, vous pourriez notamment faire de la sensibilisation sur les médias sociaux, communiquer avec votre députée ou député local ou simplement parler à ceux et celles autour de vous des injustices que subissent continuellement les communautés autochtones de partout sur l’Île de la Tortue.
  • Quand vous démontrez votre solidarité, n’oubliez pas de centrer les voix des gens les plus marginalisés par les effets du colonialisme et utilisez les plateformes pour amplifier leurs voix.
  1. Défiez l’appropriation culturelle dans votre communauté

L’appropriation culturelle est l’intégration d’une culture à laquelle on ne s’identifie pas. Il peut s’agir du port de vêtements ou de l’imitation de traits culturels, stéréotypés, raciaux, ethniques ou religieux. Elle dépouille de leur pouvoir les communautés ciblées et perpétue le racisme.

Sur les campus de partout au pays, l’appropriation culturelle est admise durant les activités de campus, notamment les évènements sportifs, les concerts, les fêtes costumées, surtout à l’Halloween.

  • Défier l’appropriation culturelle signifie la dénoncer, ne pas utiliser des artefacts sacrés en tant qu’accessoires, appuyer les artistes autochtones et participer à la campagne #PasUnStéréotype. Apprenez-en plus sur cette campagne et commandez des matériaux ici.
  1. Appuyez les demandes pour la justice.

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants est solidaire des communautés autochtones et des leaders étudiants qui luttent pour un accès à de l’eau potable et pour la justice durant l’Enquête nationale sur l’épidémie des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées.

  • Appuyez la campagne Où est la justice? et participez-y.
  • Faites un don à la course pancanadienne de Access 2 Clean Water (Accès à l’eau potable) qui a pour but de sensibiliser les gens aux avis concernant la qualité de l’eau dans les communautés autochtones.
  • Pendant que l’Enquête nationale a lieu, continuez de mettre de la pression sur vos représentantes et représentants politiques pour vous assurer que ce processus centre les voix de ceux et celles qui sont affectés, notamment ceux et celles dont les vies ont été considérées comme négligeables.
  1. Encouragez les étudiantes et étudiants autochtones à se joindre au Cercle des étudiantes et étudiants des Premières nations, métis et inuits.

Cette année, la Fédération a tenu la 30e réunion du Cercle des étudiantes et étudiants des Premières nations, métis et inuits sur le territoire visé par le Traité no 4 à l’Université des Premières nations du Canada. Ce fut le plus grand rassemblement d’étudiantes et étudiants autochtones dans l’histoire de la Fédération, durant lequel plus de 50 leaders étudiants autochtones se sont rassemblés pour bâtir un espace de pour tisser des liens, guérir et définir des buts de campagne et de pression politique pour l’année à venir.

  • Invitez les étudiantes et étudiants autochtones de votre campus à participer à une rencontre du Cercle et à s’impliquer dans la seule organisation nationale pour les étudiantes et étudiants autochtones au pays.
  • Créer des espaces sur votre campus pour appuyer ces leaders et leur donner l’opportunité d’être rémunérés pour leur travail.