juin 28, 2017

La nouvelle stratégie d’emploi pour les jeunes déçoit

Le Groupe d’experts sur l’emploi pour les jeunes a été formé en 2016 pour évaluer les obstacles que doivent surmonter les jeunes lorsqu’il s’agit de trouver et de conserver un emploi. Ce mois-ci, le Groupe d’experts a publié son rapport final, qui comprend 13 recommandations au gouvernement fédéral pour transformer le système de l’emploi chez les jeunes.

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants accueille avec enthousiasme plusieurs des recommandations présentées dans le rapport, notamment le fait que le Groupe d’experts s’est concentré sur les obstacles que rencontrent les jeunes provenant de communautés marginalisées et sur la demande d’éliminer les stages non rémunérés. La Fédération accueille aussi le fait que le Groupe d’experts a reconnu que les jeunes d’aujourd’hui sont plus éduqués et prêts à travailler, réfutant ainsi le mythe qu’un manque de motivation et de compétences sont les facteurs principaux qui affectent le chômage chez les jeunes.

En général, par contre, le rapport du Groupe d’experts laisse à désirer. Il n’a pas recommandé de mesure fédérale concrète pour aborder l’augmentation de l’endettement étudiant, les pratiques discriminatoires dans les milieux de travail gérés par le gouvernement fédéral ou n’a fait aucune proposition pour aborder la crise climatique actuelle par l’entremise d’une nouvelle ère d’emplois verts. Plutôt, les propositions du groupe sont confinées aux paramètres de la Stratégie emploi jeunesse (SEJ).

Le rapport du Groupe d’experts reconnaît les impacts de l’endettement étudiant, indiquant que les jeunes Canadiennes et Canadiens sont « pris à la gorge par des revenus stagnants, des prix élevés, un horaire trop chargé et des dettes croissantes ». Mais toute stratégie d’emploi pour les jeunes doit comprendre des façons dont le gouvernement fédéral peut réduire les niveaux d’endettement qui représentent un fardeau pour les jeunes à leur entrée sur le marché du travail. Elle devrait aussi chercher à créer les types de bons emplois qui mèneront à une économie durable et dynamique.

Pour ce faire, on doit faire des réformes ambitieuses à la partie III du Code canadien du travail. Les jeunes travailleuses et travailleurs auraient droit à une augmentation du salaire minimum fédéral, un horaire de travail plus régulier, un processus d’accréditation syndicale fondé sur les cartes d’adhésion, l’interdiction du recours aux travailleuses et travailleurs de remplacement durant un conflit de travail et plus de jours de maladie et pour urgence personnelle. Mais le Groupe d’experts ne s’est pas prononcé sur ces enjeux. Tandis qu’il parle d’améliorer les « normes du travail », il n’y a pas de proposition explicite allant au-delà de l’interdiction des stages non rémunérés (et il suggère de réviser cette recommandation dans deux ans).

Le Groupe d’experts recommande au gouvernement fédéral d’améliorer la SEJ pour mieux cibler les jeunes qui en ont le plus besoin, notamment les jeunes qui sont racialisés, autochtones, qui ont un handicap ou qui vivent dans la pauvreté. Pour ce faire, par contre, le groupe d’experts recommande l’utilisation d’une « approche axée sur le client ». Cette approche cherche à individualiser les obstacles auxquels les jeunes provenant de communautés marginalisées font face plutôt que d’offrir des solutions pour combattre les formes systémiques d’oppression qui causent les taux de chômage et de sous-emploi disproportionnés. Afin de contrer ces obstacles, il faut des recommandations qui vont au-delà des ajustements aux rendements de la SEJ.

Finalement, il y a un manque décevant de toute discussion sur l’opportunité d’augmenter les emplois verts dans la stratégie d’emploi pour les jeunes. Comme l’indique le Groupe d’experts, présentement 427 000 jeunes ne sont « ni en emploi, ni aux études, ni en formation ». Les subventions fédérales pour le secteur des emplois verts pourraient permettre à ces jeunes de participer à la croissance de la prochaine économie de l’énergie.

Le rapport complet est disponible ici.