|
En février 2000, le gouvernement de l'Alberta a annoncé qu'il avait accordé
au DeVry Institute of Technology, une entreprise à but lucratif, l'
autorisation de conférer des grades à titre d'établissement d'enseignement.
Pour la première fois dans l'histoire du Canada, une entreprise à but
lucratif détenue et gérée par des intérêts privés sera autorisée à conférer
des grades, et ce, sans réglementation. Le 28 avril 2000, le gouvernement de
l'Ontario a autorisé la création d'établissements d'enseignement
postsecondaire privés autorisés à conférer des grades, qu'il s'agisse d'
établissements à but lucratif ou non lucratif. Le 11 avril 2002, le
gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé que l'autorisation à
conférer des grades serait accordée aussi à des entreprises à but lucratif.
L'objectif principal d'une entreprise à but lucratif est par définition de
générer des bénéfices pour ses actionnaires. Il est donc évident que l'
objectif principal d'une université privée est un « rendement d'
investissement »; et il ne lui sera pas possible de réaliser des bénéfices
si elle n'impose pas aux usagers des droits d'utilisation élevés.
L'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique vont tester le terrain pour
le premier système d'éducation à deux vitesses depuis la création du système
d'enseignement postsecondaire au Canada. Comme pour les autres programmes
sociaux à deux vitesses, le coût associé au choix du privé est tellement
excessif que seuls les citoyens et citoyennes les plus riches peuvent se
permettre d'y avoir accès. Aux États-Unis, les universités privées exigent
des frais de scolarité s'élevant en moyenne à plus de 20 000 $ par année.
|
 |
|